recette brioche nanterre

Brioche nanterre : recette savoureuse et complète

Il existe des gestes qui ne trompent pas : celui d’ouvrir le four et de sentir cette odeur chaude de beurre fondu, de mie dorée et de levure travaillée toute la nuit. La brioche Nanterre, avec sa forme si reconnaissable en petites boules alignées, fait partie de ces merveilles boulangères qui racontent l’histoire de la vraie pâtisserie française. Celle qui demande du temps, de la patience, et qui récompense toujours.

Cette brioche-là n’a rien à envier aux versions du commerce. Elle se distingue par sa texture filante, son moelleux incomparable et cette croûte légèrement craquante sous la dent. On la déguste nature au petit déjeuner, on la tartine de confiture maison, ou on la transforme en french toast les jours de fête. Voici comment la réussir chez soi, étape par étape, avec les bons gestes et les bons timings.

Temps de préparation : 4 heures (avec temps de repos)
Temps de cuisson : 25 à 30 minutes
Nombre de portions : 4 gourmands (3 brioches de 22 cm)

Ingrédients

Pour la pâte à brioche

  • 500 g de farine de Gruau type 45 (ou farine T45 classique si la Gruau n’est pas disponible)
  • 20 g de levure fraîche de boulanger (ou l’équivalent en levure déshydratée)
  • 28 g de sucre en poudre
  • 6 g de sel fin
  • 150 g d’œufs entiers (environ 3 œufs)
  • 250 g de beurre à température ambiante
  • 15 g de lait

Pour la dorure

  • 1 œuf entier
  • 1 pincée de sel fin

Finition facultative

  • Sucre en grains calibre 10 pour apporter un côté croquant à la surface

Préparation

Étape 1 : rassembler et préparer les ingrédients

Avant de commencer, il est recommandé de réfrigérer tous les ingrédients quelques heures à l’avance. Cette précaution permet d’éviter que la pâte ne chauffe trop pendant le pétrissage, ce qui garantit une meilleure texture finale. Peser chaque ingrédient avec précision à l’aide d’une balance de cuisine.

Étape 2 : incorporation dans le robot

Placer la levure émiettée d’un côté de la cuve du robot muni d’un crochet, et de l’autre côté, verser la farine, le sucre et le sel. Cette disposition évite que le sel n’entre directement en contact avec la levure, ce qui pourrait ralentir son action.

Ajouter ensuite le lait dans la cuve et démarrer le robot à petite vitesse pour mélanger les éléments secs.

Étape 3 : ajout progressif des œufs

Battre légèrement les œufs dans un bol, puis incorporer les deux tiers dans la cuve. Pétrir à petite vitesse pendant environ 2 minutes, jusqu’à ce que la pâte commence à se former et à se décoller légèrement des parois. À ce stade, la texture reste encore collante et irrégulière, c’est normal.

Étape 4 : pétrissage intensif

Ajouter le reste des œufs, puis augmenter la vitesse du robot à niveau moyen. Pétrir pendant 6 à 8 minutes en surveillant régulièrement. La pâte doit progressivement se structurer, devenir plus homogène et finir par se détacher complètement des parois de la cuve. Si nécessaire, utiliser une corne rigide pour ramener la pâte vers le centre du crochet.

Étape 5 : incorporation du beurre

Couper le beurre en petits dés. L’incorporer petit à petit dans la pâte tout en continuant à pétrir à vitesse moyenne. Cette étape prend environ 7 minutes. Le beurre doit être totalement absorbé et la pâte doit devenir lisse, brillante et élastique.

Pour vérifier la qualité du pétrissage, prélever un petit morceau de pâte et l’étirer délicatement entre les doigts : elle doit former une membrane translucide sans se déchirer. C’est le signe que le réseau glutineux est bien formé.

Étape 6 : premier repos

Transférer la pâte dans un récipient légèrement fariné. La couvrir d’un film alimentaire au contact pour éviter qu’elle ne sèche. Laisser reposer 1 heure à température ambiante. La pâte va légèrement gonfler.

Étape 7 : dégazage et repos au froid

Après cette première pousse, dégazer la pâte en l’aplatissant avec la paume de la main pour chasser l’air. Envelopper la pâte dans un film plastique et la placer au réfrigérateur pour une nuit complète (ou au minimum 1 heure, mais une nuit reste préférable pour développer les arômes et faciliter le façonnage).

Étape 8 : façonnage

Le lendemain, sortir la pâte du réfrigérateur. La poser sur un plan de travail légèrement fariné et l’aplatir doucement avec les mains.

Diviser la pâte en 3 portions égales à l’aide d’un couteau ou d’une corne. Pour chaque portion, l’aplatir légèrement, puis ramener les bords vers le centre pour former une boule. Retourner la boule sur le plan de travail et la rouler entre les mains pour obtenir une forme régulière et tendue.

Étape 9 : mise en moule et seconde pousse

Disposer les trois boules dans un moule à cake ou une barquette en bois, en veillant à ce qu’elles soient bien serrées mais sans se toucher. Elles vont se rejoindre pendant la levée.

Couvrir le moule d’un torchon propre et laisser lever pendant 2 heures à température ambiante, ou dans un four légèrement tiède (pas au-dessus de 30°C). Les boules doivent doubler de volume et se rejoindre pour former la structure caractéristique de la brioche Nanterre.

Étape 10 : dorure

Préchauffer le four à 180°C en chaleur tournante.

Battre 1 œuf entier avec une pincée de sel. À l’aide d’un pinceau pâtissier, appliquer délicatement la dorure sur toute la surface de la brioche, en prenant soin de ne pas faire retomber la pâte. Si vous souhaitez un rendu brillant et croustillant, vous pouvez saupoudrer de sucre en grains à ce moment-là.

Étape 11 : cuisson

Enfourner la brioche pendant 25 à 30 minutes. Surveiller la coloration : elle doit prendre une belle teinte dorée. Pour vérifier la cuisson, piquer le centre de la brioche avec un cure-dent : il doit ressortir sec.

Étape 12 : refroidissement

Sortir la brioche du four et la laisser refroidir sur une grille avant de la démouler. Ce temps de repos permet à la mie de se stabiliser et d’offrir toute sa texture moelleuse à la dégustation.

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Qu’est-ce qu’une brioche de Nanterre ?

La brioche Nanterre doit son nom à la ville de Nanterre, en région parisienne, où elle aurait vu le jour au XIXe siècle. Sa particularité réside dans sa forme caractéristique : plusieurs boules de pâte alignées dans un moule rectangulaire, qui fusionnent à la cuisson pour donner une brioche à la mie aérée et filante.

Contrairement à la brioche parisienne, souvent moulée en couronne avec une tête, ou à la brioche tressée, la Nanterre se distingue par sa simplicité de façonnage et sa générosité. Elle est riche en beurre, ce qui lui confère ce moelleux inimitable et cette croûte légèrement croustillante.

Cette brioche est parfaite pour les petits déjeuners du week-end, les goûters gourmands ou même pour réaliser un pain perdu exceptionnel. On la déguste nature, beurrée, avec de la confiture, ou même garnie de pépites de chocolat pour les plus gourmands.

La brioche Nanterre fait partie de ces recettes intemporelles qui traversent les générations. Elle demande du temps et de la patience, mais elle offre en retour ce plaisir simple et profond d’un vrai produit fait maison.

Quelle est la meilleure levure à utiliser pour faire une brioche ?

Le choix de la levure est déterminant pour réussir une brioche. Il existe deux grandes familles : la levure fraîche de boulanger et la levure sèche (déshydratée). Chacune a ses avantages.

Levure fraîche de boulanger

C’est la levure la plus utilisée en boulangerie traditionnelle. On la trouve sous forme de cubes compacts de couleur beige, vendus au rayon frais des supermarchés ou directement chez le boulanger.

Elle offre une fermentation puissante et rapide, idéale pour les pâtes enrichies comme la brioche. Son goût est discret et elle garantit une belle pousse, à condition d’être utilisée rapidement après l’achat. Elle se conserve environ deux semaines au réfrigérateur.

Pour cette recette, on utilise 20 g de levure fraîche, à émietter directement dans la cuve du robot. Il faut veiller à ne pas la mettre en contact direct avec le sel, car cela peut freiner son action.

Levure sèche active ou instantanée

La levure sèche se présente sous forme de petits granulés conditionnés en sachets. Elle se conserve beaucoup plus longtemps (plusieurs mois) et reste stable à température ambiante, ce qui en fait une solution pratique pour les cuisiniers occasionnels.

Il existe deux types : la levure sèche active, qui doit être réhydratée dans un peu d’eau tiède avant utilisation, et la levure sèche instantanée, qui s’incorpore directement dans la farine.

Pour remplacer 20 g de levure fraîche, il suffit d’utiliser environ 7 g de levure sèche (soit un sachet standard). Le dosage est différent car la levure sèche est plus concentrée.

Quel choix faire ?

Si vous avez accès à de la levure fraîche, privilégiez-la : elle donne une texture plus aérée et une mie plus légère. Si vous optez pour de la levure sèche, assurez-vous qu’elle soit bien fraîche et respectez les dosages.

Dans tous les cas, la température joue un rôle clé. Une pâte trop chaude va accélérer la fermentation et donner un goût trop prononcé, tandis qu’une pâte trop froide ralentira la levée. L’idéal est de maintenir la pâte autour de 24-26°C pendant le pétrissage, d’où l’intérêt de réfrigérer les ingrédients au préalable.

Enfin, même avec la meilleure levure, la réussite d’une brioche repose sur le respect des temps de repos. Une pâte bien levée, c’est une brioche moelleuse, filante et parfumée. Prenez le temps, et elle vous le rendra.

Thomas Leclerc est rédacteur indépendant et photographe culinaire. Ancien chef dans le Nord de la France, il partage sur La Table des Amis ses recettes de saison, ses inspirations déco et ses voyages gourmands à travers l’Europe.

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