Avant de partir en week-end gourmand à Nice ou d’embarquer pour un reportage culinaire à Lyon, je regarde toujours par quel aéroport je pars. Chaque plateforme raconte une histoire : celle d’une région, d’un flux touristique, d’un bassin d’emplois. Tour complet du classement des aéroports de France, chiffres 2024 en main.
Voici ce que tu vas trouver dans ce guide :
- Le top 10 des aéroports français par nombre de passagers en 2024
- Une fiche par aéroport avec trafic, terminaux, pistes et spécialités
- Un tableau récapitulatif pour comparer d’un coup d’œil
- Les grandes tendances du trafic aérien français en 2024
- Une FAQ qui répond aux questions les plus posées sur Google
Le classement des aéroports français en un coup d’œil
Le top 10 par nombre de passagers en 2024
Selon les chiffres publiés par l’Union des aéroports français (UAF) en mars 2025, les aéroports hexagonaux ont accueilli 205,7 millions de passagers en 2024, une hausse de 3,6 % sur un an. Un bon rebond, même si on reste encore 4 % en dessous du niveau record de 2019.
Voici le classement officiel des dix premiers aéroports français pour l’année 2024 :
- Paris-Charles de Gaulle (CDG) : 70,3 millions de passagers
- Paris-Orly (ORY) : 33,1 millions
- Nice Côte d’Azur (NCE) : 14,8 millions (record historique)
- Marseille Provence (MRS) : 11,2 millions
- Lyon-Saint Exupéry (LYS) : 10,5 millions
- Bâle-Mulhouse-Fribourg (BSL) : 8,9 millions
- Toulouse-Blagnac (TLS) : 7,8 millions
- Nantes Atlantique (NTE) : 7,0 millions
- Bordeaux-Mérignac (BOD) : 6,6 millions
- Paris-Beauvais (BVA) : 6,56 millions
Ce que révèle ce classement sur le trafic aérien français
Le duopole parisien (CDG + Orly) pèse à lui seul 103,4 millions de voyageurs, soit la moitié du trafic national. Derrière, la hiérarchie bouge : Marseille a doublé Lyon en 2024 pour prendre la 4ᵉ place, et Beauvais fait son entrée dans le top 10 avec une croissance dépassant 64 % par rapport à 2019. Le trafic low-cost représente désormais 44,1 % des voyageurs, contre 34,8 % avant la pandémie.
Paris-Charles de Gaulle (CDG), le géant du ciel français
Trafic, terminaux et pistes
Roissy est implanté à 25 kilomètres au nord-est de Paris. Avec ses 32,38 km², c’est le plus vaste aéroport du pays. Il compte 9 terminaux (1, 2A à 2G et 3) et 4 pistes, dont les deux plus longues atteignent 4 200 mètres. De quoi accueillir sans souci les plus gros long-courriers du monde.
Le Terminal 1, dessiné par l’architecte Paul Andreu à la fin des années 1960, a une forme circulaire immédiatement reconnaissable.
Pourquoi CDG domine le classement
CDG est le hub principal d’Air France et la deuxième plateforme européenne derrière Londres-Heathrow. Il dessert 312 destinations dans 118 pays et concentre une grande partie des flux long-courriers vers l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Afrique. Avec ses 70,29 millions de passagers en 2024, il reste tout de même 5 % en dessous de son niveau de 2019, là où Orly, Marseille et Nice ont déjà dépassé leurs records pré-Covid.
Paris-Orly (ORY), le deuxième aéroport de France
Chiffres clés et infrastructures
Situé au sud de Paris, ORY occupe 15,3 km² avec 4 terminaux (Orly 1 à 4) et 3 pistes (3 650 m, 3 320 m et 2 400 m). En 2024, l’aéroport a enregistré 33 123 027 passagers et 203 757 mouvements d’avions. Sur ses 87 places de stationnement avion, 52 sont collées aux terminaux, ce qui accélère l’embarquement.
Sa spécialité : domestique, Europe et Outre-mer
Orly est le principal aéroport français pour le trafic domestique et les liaisons vers l’Outre-mer (Pointe-à-Pitre, Saint-Denis de La Réunion, Fort-de-France). C’est aussi le hub de Transavia France et une base majeure d’easyJet. Depuis le 24 juin 2024, il est directement relié au centre de Paris par la ligne 14 du métro.
Nice Côte d’Azur (NCE), premier aéroport régional
Un trafic record en 2024
Nice est l’un des plus petits aéroports de ce top 10 (3,70 km² seulement), mais son trafic est impressionnant. En 2024, l’aéroport a signé un record historique avec 14,8 millions de passagers, répartis sur 2 terminaux (T1 et T2) et 2 pistes parallèles. Une performance tirée par les liaisons internationales et l’essor du long-courrier.### Porte d’entrée de la Riviera française
NCE dessert plus de 120 destinations dans le monde, avec des vols directs vers New York, Dubaï ou Montréal selon la saison. L’aéroport est relié au centre-ville par la ligne de tram 2 en moins de 30 minutes. Côté confort, j’aime bien le passage par Lobsta (Terminal 1) pour un lobster roll avant d’embarquer, et The INFINITY Lounge (Terminal 2) pour patienter au calme.
Marseille Provence (MRS), quatrième grâce au low-cost
Trafic et particularités techniques
Installé à Marignane, à 27 km au nord-ouest de Marseille, MRS a accueilli 11 167 485 passagers en 2024, ce qui lui a permis de dépasser Lyon. Superficie : 6,46 km². L’aéroport dispose de 2 pistes de 3 500 m et 2 400 m, avec des bases d’exploitation pour Ryanair, Volotea, Transavia et Air France.
Un aéroport sans contrainte de créneaux
La grande particularité de Marseille : l’absence de slots horaires imposés. C’est rare pour un aéroport de cette taille, et ça donne une liberté précieuse aux compagnies pour organiser leurs vols. Le low-cost représente désormais 55 % du trafic de la plateforme. Marseille a même progressé de +10 % par rapport à 2019, une belle performance dans le contexte actuel.
Lyon-Saint Exupéry (LYS), cinquième et hub européen
Chiffres et infrastructures
À Colombier-Saugnieu, à l’est de Lyon, LYS s’étend sur 20 km², avec 2 terminaux passagers et 2 pistes (4 000 m et 2 670 m). En 2024, l’aéroport a accueilli 10 463 678 passagers, avec une répartition très internationale : 8 millions de voyageurs étrangers contre 2,3 millions sur les lignes domestiques. Fin 2024, LYS affichait 126 destinations desservies par 44 compagnies dans 41 pays.
Un modèle d’intermodalité avec la gare TGV
La gare TGV directement implantée sur l’aéroport est reliée aux terminaux par une passerelle de 250 mètres avec tapis roulants. Pour rejoindre le centre, le Rhônexpress fait la liaison avec Part-Dieu en moins de 30 minutes. Lyon est aussi neutre en carbone depuis 2017, une avance importante sur ses concurrents qui visent 2030.
Bâle-Mulhouse-Fribourg (BSL/MLH/EAP), l’aéroport trinational
Un statut binational unique en Europe
Situé à Saint-Louis, côté français, l’EuroAirport dessert trois pays : la France, la Suisse et l’Allemagne. Avec ses 5,80 km² et son terminal unique, il présente la particularité rare d’avoir un secteur français et un secteur suisse à l’intérieur du même bâtiment. Les voyageurs choisissent leur sortie selon leur destination. Un fonctionnement quasi unique en Europe.
Forte croissance en 2024
L’EuroAirport a signé une des plus belles progressions du top 10 avec 8,9 millions de passagers (+10,2 % vs 2023). Sa terrasse panoramique, fermée pendant une décennie, a rouvert partiellement le 18 octobre 2025. Le Skyview Lounge accessible à tous complète l’expérience sur place.
Toulouse-Blagnac (TLS), la plateforme d’Occitanie
Trafic et halls de l’aéroport
À Blagnac, à 6,7 km au nord-ouest de Toulouse, TLS s’étend sur 7,8 km² avec 1 terminal divisé en 4 halls (A, B, C, D) et 2 pistes (3 500 m et 3 000 m). En 2024, l’aéroport a passé la barre des 7,8 millions de passagers (+0,5 % vs 2023), avec un trafic international qui pèse désormais 60 % du total.
Le poids d’Airbus et de l’industrie aéronautique
Toulouse est le seul aéroport français à disposer à la fois de pistes commerciales et de pistes d’essais. Normal : la ville est la capitale européenne de l’aéronautique, avec le siège d’Airbus à quelques kilomètres. Sur place, le Salon La Croix du Sud reste accessible via pass payant, et le restaurant panoramique Le Panorama est une belle escale culinaire avant le vol. Le duty-free met en avant les produits toulousains.
Nantes Atlantique (NTE), la porte du Grand Ouest
Un trafic en hausse et très low-cost
Implanté à Bouguenais, en Loire-Atlantique, NTE occupe 3,40 km² avec 1 terminal composé de 4 halls. L’aéroport a enregistré 7 009 445 passagers en 2024 (+8 % vs 2023), une progression parmi les plus solides du top 10. Le low-cost représente ici 81 % du trafic, le ratio le plus élevé parmi les grands régionaux français.
Une identité locale marquée
Ce que j’apprécie à Nantes, c’est la place donnée aux producteurs locaux. Les Brassés propose des bières artisanales 100 % bio brassées sur place, et le duty-free Aelia intègre un espace “couleurs locales” dédié à la gastronomie régionale : gâteaux nantais, muscadet, rillettes. Un bel avant-goût avant de quitter la Bretagne ou les Pays de la Loire.
Bordeaux-Mérignac (BOD), la référence en Nouvelle-Aquitaine
Trafic et trois terminaux distincts
BOD, à Mérignac (Gironde), occupe 8,5 km² avec 3 bâtiments passagers (Terminal A, Terminal B, Terminal billi) et 2 pistes (3 100 m et 2 415 m). En 2024, l’aéroport a accueilli 6 593 994 passagers, en 9ᵉ position du classement.
Un terminal billi dédié au low-cost
Rarissime en province : un terminal entièrement réservé aux vols low-cost. Le Terminal billi accueille easyJet et Volotea, tandis que les Terminaux A et B prennent en charge les vols réguliers. Le Terminal B offre même une vue directe sur les pistes depuis la salle d’embarquement. Deux salons complètent l’offre confort : le Salon Air France au Terminal B et le Salon des Vignobles au Hall A.
Paris-Beauvais (BVA), le champion du low-cost
Le troisième aéroport parisien de fait
Situé à Tillé, à 85 km au nord de Paris, BVA est le plus petit du top 10 avec 2,30 km² et une piste principale de 2 430 mètres. Il a accueilli 6,56 millions de passagers en 2024, ce qui lui ouvre les portes du top 10. Son trafic est à 100 % low-cost, un record absolu parmi les grands aéroports français.
Une croissance portée par Ryanair
Beauvais est la focus city de Ryanair en France. Sa croissance est spectaculaire : +16,3 % en 2024 et +64,6 % par rapport à 2019. L’aéroport cible surtout les voyageurs en city-break vers l’Europe, avec une soixantaine de destinations. Le revers : l’éloignement de Paris oblige à anticiper le temps et le coût du trajet via la navette officielle qui dessert la Porte Maillot.
Tableau récapitulatif des 10 plus grands aéroports de France
| Rang | Aéroport | Code IATA | Passagers 2024 | Superficie | Terminaux / Pistes |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Paris-Charles de Gaulle | CDG | 70,3 M | 32,38 km² | 9 T / 4 pistes |
| 2 | Paris-Orly | ORY | 33,1 M | 15,3 km² | 4 T / 3 pistes |
| 3 | Nice Côte d’Azur | NCE | 14,8 M | 3,70 km² | 2 T / 2 pistes |
| 4 | Marseille Provence | MRS | 11,2 M | 6,46 km² | 2 T / 2 pistes |
| 5 | Lyon-Saint Exupéry | LYS | 10,5 M | 20 km² | 2 T / 2 pistes |
| 6 | Bâle-Mulhouse-Fribourg | BSL | 8,9 M | 5,80 km² | 1 T / 2 pistes |
| 7 | Toulouse-Blagnac | TLS | 7,8 M | 7,8 km² | 1 T / 2 pistes |
| 8 | Nantes Atlantique | NTE | 7,0 M | 3,40 km² | 1 T / 1 piste |
| 9 | Bordeaux-Mérignac | BOD | 6,6 M | 8,50 km² | 3 T / 2 pistes |
| 10 | Paris-Beauvais | BVA | 6,56 M | 2,30 km² | 1 T / 1 piste |
Les grandes tendances du trafic aérien français en 2024
Une reprise encore incomplète face à 2019
Avec ses 205,7 millions de passagers, le trafic 2024 reste 4 % en dessous du niveau 2019. Les situations sont très contrastées : Beauvais affiche +64,6 % et Marseille +10 % par rapport à 2019, quand Toulouse est encore à -18,5 % et Lyon à -10,9 %. Le trafic international a largement rebondi (+3,7 % vs 2019), mais le domestique souffre, à -24,8 % sous son niveau pré-Covid.
La part croissante des compagnies low-cost
Le low-cost représente désormais 44,1 % du trafic français, soit 9 points gagnés depuis 2019. Dans 18 aéroports, il pèse plus de 70 % du trafic total, et dans quatre d’entre eux (Paris-Beauvais, Carcassonne, Béziers et Nîmes), il dépasse les 99 %. Cette montée en puissance désenclave des territoires, mais fragilise les aéroports face aux hausses de fiscalité (Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avions et Tarif de Sûreté et de Sécurité).
La place de la France en Europe
La France se classe 5ᵉ pays européen en trafic aérien, derrière l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie. Sur un plan individuel, Paris-Charles de Gaulle est 2ᵉ en Europe derrière Londres-Heathrow, devant Francfort, Amsterdam et Madrid. La France reste à -4 % depuis 2019, là où l’Italie a progressé de +17 %, l’Espagne et le Portugal de +13 à +17 %.
FAQ
Quels sont les 10 plus grands aéroports de France ?
Les 10 plus grands aéroports français en 2024, dans l’ordre : Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly, Nice, Marseille, Lyon, Bâle-Mulhouse, Toulouse, Nantes, Bordeaux et Paris-Beauvais.
Quel est le plus grand aéroport de France ?
Paris-Charles de Gaulle est le plus grand aéroport français, à la fois par sa superficie (32,38 km²) et par son trafic passagers (70,3 millions en 2024). C’est aussi le 2ᵉ aéroport européen derrière Londres-Heathrow.
Quels sont les meilleurs aéroports de France ?
Selon le classement AirHelp 2024 sur la ponctualité, Toulouse (24 % de retards), Nantes (23 %), Bordeaux (26 %) et Lyon (28 %) se classent parmi les meilleurs aéroports français. Ces plateformes régionales offrent souvent une meilleure expérience passager que les grands hubs parisiens.
Quel est le classement des aéroports français les plus fréquentés ?
Le classement 2024 place CDG (70,3 M) devant Orly (33,1 M), Nice (14,8 M), Marseille (11,2 M) et Lyon (10,5 M). Suivent Bâle-Mulhouse (8,9 M), Toulouse (7,8 M), Nantes (7,0 M), Bordeaux (6,6 M) et Beauvais (6,56 M). Marseille a pris la 4ᵉ place devant Lyon en 2024, un changement notable.

Thomas Leclerc est rédacteur indépendant et photographe culinaire. Ancien chef dans le Nord de la France, il partage sur La Table des Amis ses recettes de saison, ses inspirations déco et ses voyages gourmands à travers l’Europe.
